En quel sens l’enseignement de la philosophie doit-il être élémentaire ?

, par  Antoine Leandri

L’un des arguments qui est opposé à l’introduction de la philosophie en Première et, plus généralement, à son enseignement dans des classes antérieures à la Terminale, est le caractère nécessairement "élémentaire" de l’enseignement philosophique. Mais cette expression est équivoque. Si l’on entend par là que l’enseignement de la philosophie est indivisible, cela exclut sans doute la programmation d’une progression entre les années successives (entre la Première et la Terminale, par exemple), tout comme cela exclut toute progression fixée par un programme entre le premier et le dernier trimestre (ou semestre...). Mais cela n’exclut pas la possibilité d’enseigner la philosophie plusieurs années de suite, sans cesser d’être "élémentaire".
La seule raison qui pourrait conduire à préférer un enseignement philosophique concentré sur la seule année de Terminale (et c’est une excellente raison, sur laquelle tous les professeurs peuvent s’accorder) est qu’il est essentiel d’avoir du temps pour dispenser un enseignement libre et véritablement formateur, et que par conséquent 4 heures en Terminale valent mieux que 2 heures en Terminale et 2 heures en Première. Sans parler de la lourdeur des services qu’impliquerait cette seconde formule.

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